Temps de travail Nouvelle-Calédonie : règles employeur
Temps de travail Nouvelle-Calédonie : 39 heures, heures sup, repos, SMG. Le guide à jour pour les employeurs calédoniens, avec les taux officiels.

Le temps de travail en Nouvelle-Calédonie ne se calcule pas comme en métropole, et c’est précisément là que beaucoup d’employeurs se trompent. La Nouvelle-Calédonie a sa propre durée légale, ses propres taux de majoration et son propre salaire minimum. Appliquer les règles françaises de la métropole à une fiche de paie calédonienne, c’est s’exposer à un redressement CAFAT ou à un contentieux prud’homal. Voici ce qu’un dirigeant doit savoir pour rester dans les clous.
La durée légale : 39 heures, pas 35
Premier réflexe à corriger : en Nouvelle-Calédonie, la durée légale du travail est de 39 heures par semaine. La réduction du temps de travail à 35 heures qui a eu lieu en métropole ne s’applique pas ici. Le Code du travail calédonien est un texte distinct, voté par le Congrès, et il a conservé le seuil de 39 heures.
Concrètement, cela donne 169 heures par mois. Le calcul est simple : 39 heures × 52 semaines ÷ 12 mois = 169 heures. C’est sur cette base mensualisée que se construit le salaire d’un temps plein. Quand vous lisez une grille de salaire conventionnelle ou que vous établissez un bulletin, le « plein temps » correspond donc à 169 heures, pas à 151,67 comme en France hexagonale.
Cette différence a des conséquences en cascade : le taux horaire, le coût d’une heure supplémentaire, le seuil de déclenchement des majorations, tout part de ce chiffre de 39.
Heures supplémentaires : les taux de majoration
Au-delà de 39 heures, on entre dans le régime des heures supplémentaires. Elles doivent être commandées (ou au moins validées) par l’employeur, et elles ouvrent droit à une majoration de salaire selon deux paliers :
| Tranche d’heures travaillées | Majoration |
|---|---|
| De la 40e à la 47e heure incluse | +25 % |
| À partir de la 48e heure | +50 % |
Un point qui piège régulièrement les services paie : le décompte se fait à la semaine, pas au mois. Un salarié qui fait 45 heures une semaine et 33 la suivante a bien réalisé des heures supplémentaires sur la première semaine, même si sa moyenne sur le mois reste sous les 39 heures. On ne peut pas « lisser » les heures sup d’une semaine sur l’autre, sauf dispositif d’aménagement du temps de travail prévu par accord.
Une convention collective de branche ou un accord d’entreprise peut aussi remplacer tout ou partie du paiement majoré par un repos compensateur équivalent. Dans ce cas, l’heure supplémentaire ne sort pas en argent sur le bulletin mais se transforme en temps de repos, ce qui change aussi le calcul des charges.
Durées maximales et temps de repos
Le droit calédonien encadre les plafonds, exactement comme il encadre les minimums. Un salarié ne peut pas travailler sans limite, même volontaire et même bien payé.
- Durée hebdomadaire maximale : 48 heures sur une même semaine, heures supplémentaires comprises.
- Moyenne sur 12 semaines : pas plus de 46 heures en moyenne sur toute période de douze semaines consécutives.
- Repos quotidien : au moins 11 heures consécutives entre la fin d’une journée et le début de la suivante.
- Repos hebdomadaire : au moins 24 heures consécutives par semaine, en principe le dimanche.
Le repos hebdomadaire de 24 heures s’ajoute au repos quotidien de 11 heures. En pratique, un salarié bénéficie donc d’au moins 35 heures de repos d’affilée en fin de semaine. Ces plafonds ne sont pas négociables à la baisse, et leur non-respect engage la responsabilité de l’employeur en cas de contrôle de l’inspection du travail.
Le SMG : le plancher de toute rémunération
Pas de SMIC en Nouvelle-Calédonie, mais un SMG : le salaire minimum garanti. C’est le plancher horaire en dessous duquel aucun salarié du secteur général ne peut être payé.
Depuis le 1er juin 2025, les montants en vigueur sont les suivants :
| Minimum | Taux horaire | Mensuel (169 h) |
|---|---|---|
| SMG (secteur général) | 991,73 F.CFP | 167 602 F.CFP |
| SMAG (secteur agricole) | 842,97 F.CFP | 142 462 F.CFP |
Ces montants résultent du décret n° 2025-837/GNC pour le SMG et du décret n° 2025-835/GNC pour le SMAG. Ils sont revalorisés dès que l’indice des prix à la consommation (hors tabac) progresse de plus de 0,5 %, ce qui peut arriver plusieurs fois dans l’année. Autrement dit, un montant qui était bon il y a six mois ne l’est peut-être plus. Avant d’éditer une paie au plancher, le réflexe est de vérifier le taux du jour sur le site de la Direction du Travail et de l’Emploi.
Le SMG est un brut. Il sert ensuite d’assiette aux cotisations CAFAT (maladie, retraite, chômage) et à la Contribution Calédonienne de Solidarité. Le calcul du net, lui, dépend de l’ensemble de ces prélèvements, et c’est là que l’accompagnement d’un cabinet d’expertise comptable comme AXEO prend tout son sens pour articuler proprement paie, fiscalité et obligations sociales.
Travail de nuit, dimanche et jours fériés
Certaines heures sortent du cadre standard et appellent un traitement particulier. Le travail de nuit, généralement entendu comme la plage allant du soir au petit matin, peut donner lieu à des contreparties (majoration ou repos) prévues par la convention collective applicable à votre branche. Il n’existe pas de taux unique gravé dans le marbre pour tous les secteurs : c’est l’accord de branche qui fixe le détail, et il faut s’y reporter au cas par cas.
Même logique pour le travail du dimanche et des jours fériés. Le principe reste le repos, et le travail exceptionnel sur ces journées ouvre des droits spécifiques. Sur ce sujet précis, le calendrier calédonien a ses particularités : nous l’avons détaillé dans notre article sur les jours fériés en Nouvelle-Calédonie.
Le temps de travail s’articule aussi avec les absences. Un salarié en congés payés en Nouvelle-Calédonie ou couvert par un arrêt maladie en Nouvelle-Calédonie ne génère évidemment pas d’heures travaillées, mais ces périodes ont leurs propres règles de décompte et d’indemnisation qu’il faut savoir intégrer dans le bulletin.
Les erreurs qui coûtent cher
Sur le terrain, les mêmes écarts reviennent. Les voici, pour les éviter :
- Appliquer 35 heures au lieu de 39 (et donc fausser le taux horaire et tous les calculs qui en découlent).
- Lisser les heures supplémentaires sur le mois alors que le décompte est hebdomadaire.
- Oublier la revalorisation du SMG en cours d’année et payer en dessous du plancher.
- Confondre SMG (secteur général) et SMAG (secteur agricole).
- Négliger les durées maximales en laissant un salarié dépasser 48 heures « parce qu’il est d’accord ».
Chacune de ces erreurs peut, prise isolément, déclencher un rappel de salaire ou une régularisation de cotisations. Cumulées sur plusieurs salariés et plusieurs mois, elles deviennent un vrai risque financier.
Externaliser sa paie avec Altheo
Gérer le temps de travail correctement, c’est maîtriser une matière qui change : les taux du SMG bougent, les conventions collectives sont mises à jour, les seuils de majoration doivent être appliqués au bon moment. Pour un dirigeant calédonien, suivre tout cela en parallèle de son activité représente une charge mentale réelle, et une marge d’erreur que le droit social ne pardonne pas.
C’est exactement le métier d’Altheo. Prestataire social basé à Nouméa et partenaire du cabinet comptable AXEO, nous prenons en charge l’externalisation complète de votre paie et de votre administration RH : bulletins de salaire conformes au Code du travail calédonien, calcul et décompte des heures supplémentaires, déclarations CAFAT, CRE et DNS, veille sur les revalorisations du SMG et les évolutions conventionnelles. Vous gardez la main sur vos équipes, nous sécurisons la conformité.
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Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (DTENC, CAFAT) avant toute décision de paie ou de gestion RH.
Questions fréquentes
Quelle est la durée légale du temps de travail en Nouvelle-Calédonie ?+
La durée légale est de 39 heures par semaine, soit 169 heures par mois (39 × 52 ÷ 12). C'est une différence majeure avec la métropole, qui est passée à 35 heures. Au-delà de 39 heures, on entre dans le régime des heures supplémentaires, avec une majoration de 25 % de la 40e à la 47e heure et de 50 % à partir de la 48e heure. Une convention collective de branche peut prévoir des règles plus favorables.
Combien d'heures un salarié peut-il travailler au maximum par semaine en NC ?+
La durée hebdomadaire, heures supplémentaires comprises, ne peut pas dépasser 48 heures sur une même semaine, ni 46 heures en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives. À cela s'ajoutent un repos quotidien d'au moins 11 heures consécutives entre deux journées et un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives, généralement le dimanche, ce qui porte le repos de fin de semaine à 35 heures d'affilée.
Quel est le SMG horaire en Nouvelle-Calédonie en 2025 ?+
Depuis le 1er juin 2025, le salaire minimum garanti (SMG) est de 991,73 F.CFP de l'heure et 167 602 F.CFP par mois pour 169 heures (décret n° 2025-837/GNC). Le SMAG agricole est lui de 842,97 F.CFP de l'heure et 142 462 F.CFP par mois. Ces montants sont révisés en fonction de l'indice des prix : vérifiez toujours le taux en vigueur sur dtenc.gouv.nc avant d'établir une fiche de paie.
Comment sont calculées les heures supplémentaires en Nouvelle-Calédonie ?+
Les heures supplémentaires sont les heures effectuées au-delà de 39 heures hebdomadaires, à la demande de l'employeur. La majoration est de 25 % pour les heures de la 40e à la 47e incluse, puis de 50 % à partir de la 48e heure. Une convention ou un accord collectif peut remplacer tout ou partie du paiement majoré par un repos compensateur équivalent. Le décompte se fait à la semaine, pas au mois, ce qui est une source d'erreur fréquente en paie.
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