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Congés & temps de travail· 6 min de lecture

Congés payés en Nouvelle-Calédonie : calcul et règles

Congés payés en Nouvelle-Calédonie : durée, calcul de l'indemnité (dixième ou maintien), période de référence et règles du secteur privé pour bien gérer votre paie.

Gestionnaire de paie calculant les congés payés d'un salarié sur un calendrier au bureau en Nouvelle-Calédonie
Photo : RDNE Stock project / Pexels

Gérer les congés payés en Nouvelle-Calédonie demande de connaître des règles bien spécifiques au territoire, distinctes de celles de la métropole. Un dirigeant calédonien qui applique par réflexe le droit français se trompe : ici, c’est le Code du travail de Nouvelle-Calédonie et l’Accord interprofessionnel territorial qui font foi, avec un décompte en jours ouvrables, une période de référence calée sur l’année civile et des cotisations qui passent par la CAFAT. Voici comment fonctionne vraiment l’acquisition, le calcul de l’indemnité et la prise des congés dans le secteur privé.

Combien de jours de congés payés en Nouvelle-Calédonie ?

La base est simple à retenir : tout salarié du privé acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois de travail effectif, dans la limite de 30 jours ouvrables par an, soit cinq semaines pour une année complète. Cette règle figure aux articles Lp. 241-1 et suivants du Code du travail local.

Le mot important, c’est « ouvrables ». En Nouvelle-Calédonie, le décompte des congés du secteur privé se fait en jours ouvrables, c’est-à-dire du lundi au samedi inclus. Le samedi compte donc comme un jour de congé décompté, même dans une entreprise fermée ce jour-là. Concrètement, un salarié qui pose une semaine complète, du lundi au samedi, consomme 6 jours de son compteur, pas 5.

Quelques cas particuliers méritent l’attention :

  • Les salariés à temps partiel acquièrent les mêmes 2,5 jours ouvrables par mois que les autres, calculés sur la base de l’horaire convenu.
  • Les jeunes de moins de 21 ans (au 1er janvier de l’année précédente) ont droit à 30 jours ouvrables, quelle que soit leur ancienneté dans l’entreprise.
  • Les mères de famille bénéficient de 2 jours ouvrables supplémentaires par enfant à charge.

Une convention ou un accord collectif peut toujours majorer cette durée. Pensez à vérifier la convention de branche applicable à votre activité avant de figer un compteur.

Attention à un piège fréquent : depuis le 1er janvier 2024, la fonction publique calédonienne est passée à un décompte en jours ouvrés (lundi-vendredi), plafonné à 25 jours, via la délibération n° 125/CP du 6 octobre 2023. Cette réforme ne concerne que les agents publics. Pour vos salariés du privé, rien ne change : on reste sur 2,5 jours ouvrables et 30 jours maximum.

La période de référence et l’ouverture des droits

Les congés s’acquièrent sur une période de référence qui va du 1er janvier au 31 décembre, fixée par l’Accord interprofessionnel territorial. C’est un point qui surprend souvent les employeurs habitués au système métropolitain calé sur juin/mai.

Pour ouvrir ses droits, le salarié doit avoir accompli au minimum un mois de travail effectif chez le même employeur au cours de l’année de référence, ce qui équivaut à quatre semaines ou vingt-quatre jours de travail. En dessous, pas de droit à congé constitué sur la période.

Les congés deviennent en principe exigibles à la clôture de l’année de référence. L’accord territorial autorise toutefois à commencer à les poser dès le 1er décembre, ce qui laisse de la souplesse pour la période estivale australe, qui tombe en décembre-janvier sous nos latitudes.

Le calcul de l’indemnité de congés payés

C’est la partie qui demande le plus de rigueur en paie. Pendant ses congés, le salarié ne touche pas son salaire habituel : il perçoit une indemnité de congés payés. Et le Code du travail calédonien impose de calculer cette indemnité selon deux méthodes, puis de retenir la plus favorable au salarié.

Méthode Principe Quand elle l’emporte
Maintien de salaire On verse la rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé pendant la période de congé Souvent quand la rémunération est stable d’un mois sur l’autre
Règle du dixième On verse 1/10e de la rémunération brute totale de la période de référence Souvent quand le salarié a eu des primes, des heures supplémentaires ou des variations de salaire

La rémunération de référence pour le dixième inclut le salaire de base et les accessoires de salaire (prime de production, primes liées au poste, majorations d’heures supplémentaires, prime d’ancienneté, prime d’assiduité, etc.). En sont exclus les remboursements de frais et les primes liées aux conditions de travail, comme la prime de salissure.

Point à ne jamais oublier sur le bulletin : l’indemnité de congés payés a le caractère de salaire. Elle est donc soumise aux cotisations sociales calédoniennes versées à la CAFAT, au même titre que le salaire ordinaire. Le calcul des charges sur cette ligne suit les mêmes règles que la paie courante, un sujet à coordonner avec votre expert-comptable lorsqu’il touche aux écritures et à la fiscalité de l’entreprise.

Prise des congés, fractionnement et ordre des départs

Une fois les droits acquis, encore faut-il organiser leur prise. Là aussi, le cadre calédonien est précis.

Le congé principal doit comporter une durée continue comprise entre 12 et 24 jours ouvrables. Au-delà de cette fraction principale, le reliquat peut être fractionné par l’employeur, avec l’accord du salarié. Le report sur plusieurs années reste possible dans certaines limites, à condition qu’un minimum de jours soit pris chaque année.

C’est l’employeur qui fixe l’ordre des départs, mais pas n’importe comment. Il doit tenir compte de la situation familiale des salariés et de leur ancienneté de service, et communiquer les dates au moins 15 jours à l’avance. Cette anticipation évite bien des tensions au moment de planifier les fermetures et les remplacements.

La gestion des congés s’imbrique avec d’autres paramètres de temps de travail. Pour cadrer correctement les compteurs, il faut maîtriser en parallèle la durée du travail en Nouvelle-Calédonie, le calendrier des jours fériés en Nouvelle-Calédonie qui peuvent suspendre un congé, et l’impact d’un arrêt maladie en Nouvelle-Calédonie sur l’acquisition et la prise des congés.

Solde de tout compte et indemnité compensatrice

Quand un contrat prend fin alors que le salarié n’a pas soldé ses congés, l’employeur doit lui verser une indemnité compensatrice de congés payés. Elle correspond aux droits acquis et non pris, et ne peut être inférieure au dixième de la rémunération brute totale due au salarié sur la période concernée.

Cette indemnité est due quel que soit le motif de la rupture (démission, licenciement, fin de CDD) et figure sur le solde de tout compte. Comme l’indemnité de congés classique, elle reste soumise aux cotisations sociales. Une erreur sur cette ligne, et c’est un risque de rappel devant le tribunal du travail.

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Calcul du dixième, comparaison avec le maintien de salaire, suivi des compteurs en jours ouvrables, gestion des congés des jeunes salariés et des mères de famille, indemnités compensatrices au départ : la mécanique des congés payés calédoniens laisse peu de place à l’approximation, et chaque erreur se paie en rappels de salaire ou en redressement.

Chez ALTHEO, prestataire social calédonien dirigé par Christine Barbier et partenaire du cabinet comptable AXEO, nous prenons en charge l’intégralité de votre paie : bulletins, compteurs de congés, déclarations CAFAT, CRE et DNS, le tout aux normes du droit social local. Vous gardez la main sur vos décisions RH, nous garantissons des calculs justes et à jour.

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Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (DTENC, CAFAT) ou auprès d’un professionnel.

Questions fréquentes

Combien de jours de congés payés un salarié acquiert-il par mois en Nouvelle-Calédonie ?+

Dans le secteur privé, un salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (cinq semaines) pour une année complète. Le décompte se fait en jours ouvrables : le samedi est compté comme jour ouvrable même s'il n'est pas travaillé. Une semaine de congé posée du lundi au samedi vaut donc 6 jours décomptés. Attention à ne pas confondre avec la fonction publique calédonienne, passée au décompte en jours ouvrés (25 jours) depuis le 1er janvier 2024.

Comment calcule-t-on l'indemnité de congés payés en Nouvelle-Calédonie ?+

Deux méthodes coexistent et l'employeur doit retenir la plus favorable au salarié. La règle du maintien de salaire verse la rémunération que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé. La règle du dixième verse 1/10e de la rémunération brute totale de la période de référence (salaire de base et primes de salaire, hors remboursements de frais et primes liées aux conditions de travail comme la prime de salissure). On compare les deux et on applique le montant le plus avantageux. L'indemnité a le caractère de salaire et est soumise aux cotisations CAFAT.

Quelle est la période de référence des congés payés en Nouvelle-Calédonie ?+

L'Accord interprofessionnel territorial fixe la période de référence du 1er janvier au 31 décembre. Le salarié doit avoir effectué au moins un mois de travail effectif (environ quatre semaines) chez le même employeur sur l'année de référence pour ouvrir ses droits. Les congés sont en principe exigibles à la fin de l'année de référence, mais l'accord permet de commencer à les prendre dès le 1er décembre. Une convention collective peut prévoir des règles plus favorables.

Que se passe-t-il pour les congés payés non pris à la fin du contrat ?+

Lorsque le contrat est rompu et que le salarié n'a pas soldé ses congés, l'employeur lui verse une indemnité compensatrice de congés payés. Cette indemnité ne peut pas être inférieure au dixième de la rémunération brute totale due au salarié au titre des droits acquis et non pris. Elle est due quel que soit le motif de la rupture et figure sur le solde de tout compte. Comme l'indemnité de congés classique, elle est soumise aux cotisations sociales calédoniennes.

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