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Congés & temps de travail· 7 min de lecture

Congé maternité et paternité en Nouvelle-Calédonie

Congé maternité Nouvelle-Calédonie : durée, indemnités CAFAT 2026, congé paternité de 11 jours, démarches et paie. Le guide pour les employeurs calédoniens.

Une salariée enceinte échange avec son employeur dans un bureau, illustrant la gestion du congé maternité en Nouvelle-Calédonie
Photo : Yan Krukau / Pexels

Gérer un congé maternité en Nouvelle-Calédonie ne s’improvise pas. Entre les semaines de repos prénatal et postnatal, les indemnités versées par la CAFAT et l’arrivée plus récente du congé paternité, un employeur calédonien doit jongler avec des règles bien à lui. Et attention : ce ne sont pas celles de la métropole. En Nouvelle-Calédonie, on parle de SMG et non de SMIC, de CAFAT et non d’URSSAF, et le code du travail local a ses propres articles. Cet article fait le point, chiffres officiels à l’appui, pour que la paie de votre salariée parte juste du premier coup.

Combien de temps dure le congé maternité ?

La règle de base est simple : 16 semaines au total, réparties en 6 semaines avant la date présumée de l’accouchement et 10 semaines après. C’est le socle prévu par le code du travail de Nouvelle-Calédonie pour la grande majorité des grossesses.

Mais ce socle bouge selon la situation familiale. À partir du troisième enfant, la salariée peut bénéficier de 8 semaines avant et 18 semaines après, soit 26 semaines. Les naissances multiples allongent encore le congé postnatal, qui peut grimper jusqu’à 22 semaines selon le nombre d’enfants à naître et le nombre d’enfants déjà à charge. Dans les cas les plus larges, la durée totale peut atteindre 28 semaines.

Deux points à retenir pour un employeur :

  • Le repos postnatal de 6 semaines est obligatoire. La salariée ne peut pas y renoncer pour revenir plus tôt.
  • En cas de suites de couches pathologiques, la durée d’indemnisation peut être prolongée de 3 semaines maximum, mais seulement après accord du contrôle médical de la CAFAT.

La salariée garde une certaine souplesse sur le découpage : le congé prénatal peut démarrer entre 2 et 10 semaines avant l’accouchement, le report se cumulant sur la partie postnatale.

Les indemnités journalières versées par la CAFAT

Pendant le congé, le salaire n’est pas versé par l’employeur mais remplacé par des indemnités journalières de repos maternité, payées par la CAFAT au titre de l’assurance maternité. C’est là que le calcul demande de l’attention, parce qu’il dépend du salaire brut de la salariée et suit un barème à trois tranches.

Voici les montants en vigueur depuis le 1er juin 2026 (valeur 2026) :

Salaire brut mensuel Indemnité journalière de repos maternité
Inférieur à 512 724 F.CFP Le dernier salaire complet avant le départ
Entre 512 724 et 1 025 448 F.CFP Plafonnée à 512 724 F.CFP
Supérieur à 1 025 448 F.CFP La moitié du dernier salaire brut

Ces seuils sont réévalués régulièrement. Ceux indiqués ici remplacent les valeurs 2024 (504 860 et 1 009 720 F.CFP) : c’est exactement le genre de chiffre qu’il faut revérifier chaque année sur le site de la CAFAT avant d’établir un bulletin.

Un détail que beaucoup d’employeurs oublient : les indemnités journalières ne sont pas nettes de tout. Des cotisations sont prélevées dessus, à savoir l’Assurance Maladie (3,85 %), la Retraite (4,2 %), le Chômage (0,34 %) et la Contribution Calédonienne de Solidarité (1,3 %). La salariée perçoit donc un montant légèrement inférieur à l’indemnité brute affichée. Pour le traitement comptable et la déclaration de ces sommes, votre expert-comptable reste l’interlocuteur de référence.

Les prestations familiales liées à la naissance

Au-delà du remplacement de salaire, la CAFAT verse aussi des prestations familiales qui accompagnent l’arrivée de l’enfant. Elles sont distinctes des indemnités journalières et relèvent du Régime Unifié d’Assurance Maladie Maternité (RUAMM).

  • Les allocations prénatales : 9 mensualités de 15 846 F.CFP (valeur 2025), versées par fractions au fil des visites médicales obligatoires (avant le 3e mois, au 6e mois, au 8e mois).
  • L’allocation de maternité : 27 731 F.CFP (valeur 2025) versés en deux fractions égales, l’une à la naissance, l’autre aux 6 mois de l’enfant.

Le versement de ces prestations est conditionné au respect du calendrier des visites prénatales et à une activité minimale. C’est un point sur lequel la salariée doit être bien informée : un examen médical manqué peut faire sauter une fraction d’allocation.

Le congé paternité, une nouveauté à bien intégrer

Longtemps absent du droit calédonien, le congé de paternité est arrivé pour de bon. Depuis le 1er mars 2024, l’article Lp. 126-19-1 du code du travail ouvre au père salarié, ou au second parent, un congé de 11 jours consécutifs, porté à 14 jours en cas de naissances multiples.

Quelques règles pratiques :

  • Le congé se prend dans les 6 mois qui suivent la naissance de l’enfant.
  • Il s’ajoute aux 2 jours de congé pour naissance déjà prévus au titre des événements familiaux (article Lp. 242-1).
  • Le second parent s’entend désormais du salarié qui assure l’accueil effectif et permanent de l’enfant et vit en couple avec la mère.

Reste un point qui irrite légitimement les employeurs : le financement. Les textes prévoyaient une prise en charge par la CAFAT, mais ce remboursement n’est pas encore opérationnel. En pratique, les entreprises accordent le congé et en supportent le coût, sans compensation à ce stade. Le sujet a fait l’objet de discussions et de projets de modification, donc surveillez son évolution : c’est typiquement un dossier où la règle peut changer d’une année sur l’autre. Pour le détail à jour, la Direction du Travail et de l’Emploi reste la source officielle.

La protection de la salariée enceinte

Le code du travail calédonien encadre fermement la situation de la salariée. Concrètement, l’employeur ne peut pas :

  • refuser une embauche en se fondant sur l’état de grossesse, ni chercher à connaître cet état ;
  • rompre le contrat pendant la grossesse, pendant le congé maternité et durant les semaines qui suivent le retour, sauf faute grave étrangère à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif sans lien avec elle.

À l’issue du congé, la salariée retrouve son poste précédent, et la période de congé est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul de l’ancienneté et des congés payés. La salariée peut aussi, si elle le souhaite, démissionner sans préavis pendant la grossesse ou dans les deux mois suivant l’accouchement.

Cette logique de protection rejoint celle d’autres absences encadrées : la même rigueur s’applique pour un arrêt maladie en Nouvelle-Calédonie ou un accident du travail en Nouvelle-Calédonie, où un suivi précis des droits évite bien des litiges.

Ce que ça change concrètement sur la paie

Pour résumer la mécanique côté employeur, voici les principaux repères à garder sous la main.

Élément Repère en Nouvelle-Calédonie
Durée congé maternité (cas standard) 16 semaines (6 avant / 10 après)
Repos postnatal obligatoire 6 semaines
Congé maternité 3e enfant jusqu’à 26 semaines
Indemnités maternité CAFAT, barème à 3 tranches selon le salaire brut
Cotisations sur les IJ Maladie, Retraite, Chômage, CCS
Congé paternité / second parent 11 jours (14 si multiples), Lp. 126-19-1
Congé pour naissance 2 jours

La difficulté n’est pas tant de connaître ces règles que de les appliquer sans erreur, mois après mois, sur des bulletins qui mêlent IJ CAFAT, maintien éventuel de salaire, cotisations spécifiques et reprise au bon poste. Une articulation mal gérée avec les congés payés en Nouvelle-Calédonie ou un montant d’indemnité périmé, et c’est la régularisation, voire le contentieux.

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C’est précisément là qu’Altheo intervient. Prestataire social calédonien basé à Nouméa et partenaire du cabinet comptable AXEO, nous prenons en charge l’externalisation de votre paie et de vos déclarations sociales : bulletins, indemnités journalières, déclarations CAFAT, CRE et DNS. Vous gardez vos équipes, nous garantissons des calculs justes et à jour, y compris sur les sujets sensibles comme le congé maternité ou le congé paternité.

Concrètement, vous n’avez plus à suivre vous-même la réévaluation des plafonds CAFAT ni à vérifier l’application du bon barème : on s’en charge.

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Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (CAFAT, Direction du Travail et de l’Emploi).

Questions fréquentes

Quelle est la durée du congé maternité en Nouvelle-Calédonie ?+

Le congé maternité est de 16 semaines : 6 semaines avant l'accouchement et 10 semaines après. Il s'allonge selon les situations : jusqu'à 26 semaines à partir du troisième enfant (8 semaines avant, 18 après) et davantage en cas de naissances multiples. Le repos postnatal de 6 semaines est obligatoire. En cas de suites de couches pathologiques, l'indemnisation CAFAT peut être prolongée de 3 semaines maximum après accord du contrôle médical.

Comment sont calculées les indemnités journalières de repos maternité par la CAFAT ?+

Le montant dépend du salaire brut, selon un barème à trois tranches (valeur 2026, en vigueur depuis le 1er juin 2026). Si le salaire brut est inférieur à 512 724 F.CFP, l'indemnité correspond au dernier salaire complet. Entre 512 724 et 1 025 448 F.CFP, elle est plafonnée à 512 724 F.CFP. Au-delà de 1 025 448 F.CFP, elle équivaut à la moitié du dernier salaire brut. Ces montants sont réévalués : vérifiez la valeur en vigueur sur cafat.nc.

Le congé paternité existe-t-il en Nouvelle-Calédonie et qui le paie ?+

Oui. Depuis le 1er mars 2024, l'article Lp. 126-19-1 du code du travail prévoit un congé de paternité ou du second parent de 11 jours consécutifs (14 en cas de naissances multiples), à prendre dans les 6 mois suivant la naissance. Il s'ajoute aux 2 jours de congé pour naissance. À ce jour, ce congé reste à la charge de l'employeur : le remboursement par la CAFAT, prévu par les textes, n'est pas encore opérationnel. Suivez l'actualité légale, car ce point est susceptible d'évoluer.

Une salariée enceinte peut-elle être licenciée en Nouvelle-Calédonie ?+

Non, la salariée est protégée. L'employeur ne peut pas rompre le contrat pendant la grossesse, pendant le congé maternité, ni durant les semaines qui suivent le retour, sauf faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger. Il est également interdit de tenir compte de l'état de grossesse pour refuser une embauche. À son retour, la salariée retrouve son poste et la période compte pour l'ancienneté.

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