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Congés & temps de travail· 7 min de lecture

Accident du travail en Nouvelle-Calédonie : obligations

Accident du travail en Nouvelle-Calédonie : obligations de l'employeur, délai de 48h, déclaration CAFAT, indemnités à 100% et taux de cotisation. Le guide à jour.

Ouvrier portant un casque de sécurité sur un chantier en Nouvelle-Calédonie, illustrant la prévention des accidents du travail
Photo : Tito Zzzz / Pexels

Un accident du travail en Nouvelle-Calédonie ne se gère pas comme en métropole. Ici, c’est la CAFAT qui assure le risque, pas l’URSSAF, et c’est la Direction du Travail et de l’Emploi qui reçoit la déclaration. Pour un dirigeant calédonien, connaître la mécanique exacte n’est pas un luxe : un accident mal déclaré, c’est une responsabilité engagée, un salarié mal indemnisé et, parfois, un redressement. Voici ce que la loi impose réellement, avec les chiffres officiels à jour.

Ce qui compte comme accident du travail en NC

La définition est large. Est considéré comme accident du travail tout événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, qui provoque une lésion. Une chute d’échafaudage, une coupure en cuisine, un malaise lié à une tâche : si le lien avec l’activité professionnelle est établi, le dossier relève du régime AT-MP de la CAFAT.

L’accident de trajet entre dans le même cadre. Il couvre le parcours aller-retour entre la résidence principale du salarié et son lieu de travail, ou entre l’endroit où il prend habituellement ses repas et son poste. C’est un point que beaucoup d’employeurs négligent : un accident de scooter sur la route de Dumbéa un lundi matin peut parfaitement être un accident de trajet indemnisable.

La distinction avec l’arrêt classique est importante. Un salarié grippé relève de l’assurance maladie ordinaire ; un salarié blessé au travail relève d’un régime bien plus protecteur. Pour comprendre la différence de traitement avec un arrêt ordinaire, voyez notre article sur l’arrêt maladie en Nouvelle-Calédonie.

Les obligations du salarié : prévenir et se faire soigner vite

Le salarié a deux réflexes à avoir, et le timing est décisif.

  • Prévenir immédiatement l’employeur, en précisant les circonstances et l’identité des éventuels témoins.
  • Consulter un médecin le jour même. La CAFAT le dit noir sur blanc : un dossier peut faire l’objet d’un rejet de prise en charge si le salarié consulte tardivement.

Le médecin établit un certificat médical initial qui décrit les blessures. Ce document part à la CAFAT et à l’employeur dans les plus brefs délais. Si l’arrêt se prolonge, un certificat de prolongation suit la même route ; à la fin des soins, c’est un certificat final descriptif.

Les obligations de l’employeur : le délai de 48 heures

C’est le cœur du sujet, et l’endroit où les erreurs coûtent cher. Une fois informé de l’accident, l’employeur calédonien doit, sous 48 heures, déclarer l’accident à la Direction du Travail et de l’Emploi en renvoyant la déclaration d’accident du travail. Trois obligations s’enchaînent :

  • déclarer l’accident à la DTE sous 48 h, déclaration accompagnée du certificat médical initial ;
  • remettre au salarié, dès que possible, une « feuille d’accident du travail » ;
  • préciser sur la déclaration s’il maintient ou non le salaire pendant l’arrêt.

La feuille d’accident n’est pas un détail administratif. Elle permet au salarié de présenter ses soins aux professionnels de santé sans faire l’avance des frais : tout est pris en charge à 100 % par la CAFAT. Remettre cette feuille engage la responsabilité de l’employeur s’il ne fait pas, en parallèle, la déclaration. Autrement dit, on ne donne pas la feuille en oubliant la déclaration.

En cas d’accident grave ou mortel, on bascule dans une autre logique : il faut prévenir sans délai la police ou la gendarmerie, ainsi que l’inspection du travail. Ce sont des situations où l’improvisation n’a pas sa place.

Indemnités et frais médicaux : ce que touche le salarié

Le régime AT-MP calédonien est nettement plus favorable que l’assurance maladie ordinaire. Pas de délai de carence : la garantie joue dès le premier jour de prise de fonction.

Élément Règle en vigueur
Frais de santé liés à l’accident Pris en charge à 100 % par la CAFAT (via la feuille d’accident)
Indemnité journalière 100 % du salaire net du mois précédant l’accident
Plafond mensuel d’indemnisation 830 304 F.CFP (au 1er janvier 2024)
Premier jour d’arrêt À la charge de l’employeur
Versement IJ Dès le lendemain de l’accident, pour toute la durée de l’arrêt
Contribution Calédonienne de Solidarité (CCS) 1,3 % déduite automatiquement de l’IJ

Quand l’employeur maintient le salaire, la CAFAT lui verse directement les indemnités plutôt qu’au salarié : c’est la subrogation, à organiser proprement en paie. Si l’incapacité de reprendre le travail persiste, une rente d’accident du travail prend le relais. Son montant dépend du taux d’incapacité fixé par le médecin-conseil de la CAFAT, calculé sur le salaire des 12 mois précédant l’arrêt. La formule pondère le taux : la part en dessous de 50 % est divisée par deux, celle au-dessus est multipliée par 1,5. En cas de décès, des rentes sont servies aux ayants droit (30 % du salaire de référence pour le conjoint survivant, 15 % par enfant pour les deux premiers), dans la limite de 85 % du salaire de référence.

Combien ça coûte à l’entreprise : la cotisation AT-MP

Côté financement, une particularité calédonienne mérite l’attention : la cotisation accident du travail est à la charge exclusive de l’employeur. Le salarié ne paie rien sur cette ligne.

Le taux n’est pas unique. Il s’échelonne de 0,72 % à 6,48 % selon le secteur d’activité et son niveau de sinistralité, appliqué sur un plafond mensuel de 390 900 F.CFP (au 1er janvier 2026). Un cabinet d’expertise comptable assis derrière un bureau ne cotise évidemment pas au même taux qu’une entreprise de BTP exposée aux chutes de hauteur. Les cotisations se versent à la CAFAT dans le mois qui suit la fin de chaque trimestre civil.

Ce poste de charge se travaille. Réduire la sinistralité, c’est aussi, à terme, alléger le taux. C’est un sujet qui rejoint la fiscalité et la structuration des charges sociales de l’entreprise, sur lequel notre partenaire cabinet comptable AXEO accompagne les dirigeants calédoniens. Pour vérifier les barèmes officiels, la source de référence reste la CAFAT.

Ce que disent les chiffres calédoniens

Les statistiques de la CAFAT donnent la mesure du risque. En 2022, le territoire a recensé :

  • 2 921 accidents du travail, dont 2 331 avec arrêt ;
  • 192 accidents de trajet ;
  • 4 décès liés au travail (hors malaise) ;
  • 55 maladies professionnelles déclarées, dont 44 reconnues.

La tendance est plutôt encourageante. L’indice de fréquence est passé de 41,9 accidents pour 1 000 salariés en 2016 à 30,5 en 2022. La prévention paie, mais le risque zéro n’existe pas, et la durée moyenne d’un arrêt avoisine deux mois. Pour les employeurs, ces données chiffrées sont consultables sur le portail de l’ISEE et dans les rapports annuels de la CAFAT.

Gérer un accident, c’est aussi articuler correctement temps de présence, arrêts et reprises. Nos articles sur la durée du travail en Nouvelle-Calédonie et sur le congé maternité et paternité en Nouvelle-Calédonie complètent utilement ce panorama des obligations sociales.

Externaliser votre paie et vos déclarations avec Altheo

Un accident du travail tombe toujours au mauvais moment. Entre le délai de 48 heures, la feuille d’accident à remettre, le certificat médical à transmettre, la subrogation à paramétrer et l’indemnité journalière à reconstituer en paie, la marge d’erreur est mince. Une déclaration en retard ou un bulletin mal calculé, et c’est la responsabilité du dirigeant qui est exposée.

C’est précisément ce que nous prenons en charge chez Altheo. Prestataire social calédonien dirigé par Christine Barbier et partenaire du cabinet comptable AXEO, nous gérons pour les entreprises de Nouméa et de l’ensemble du territoire :

  • la paie complète et le traitement des arrêts (accident du travail, maladie, maternité) ;
  • les déclarations CAFAT, CRE et DNS, dans les délais ;
  • le suivi des obligations employeur et le conseil social au quotidien.

Vous gardez la main sur votre activité, nous sécurisons l’administratif. Découvrez nos services d’externalisation paie et RH, ou contactez-nous directement pour demander un devis adapté à votre effectif.


Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (CAFAT, Direction du Travail et de l’Emploi).

Questions fréquentes

Quel est le délai pour déclarer un accident du travail en Nouvelle-Calédonie ?+

L'employeur dispose de 48 heures après avoir été informé pour déclarer l'accident à la Direction du Travail et de l'Emploi (DTE), en renvoyant la déclaration d'accident du travail accompagnée du certificat médical initial. Le salarié, lui, doit prévenir son employeur immédiatement et consulter un médecin le jour même. Un retard de déclaration engage la responsabilité de l'employeur et peut compliquer la prise en charge du dossier par la CAFAT.

Le salarié est-il payé à 100 % pendant un arrêt pour accident du travail en NC ?+

Oui. La CAFAT verse une indemnité journalière égale à 100 % du salaire net du mois précédant l'accident, dans la limite d'un plafond mensuel de 830 304 F.CFP (valeur au 1er janvier 2024). Il n'y a pas de délai de carence : l'indemnisation court dès le lendemain de l'accident, le premier jour restant à la charge de l'employeur. La CCS de 1,3 % est déduite automatiquement de l'indemnité.

Qui paie la cotisation accident du travail à la CAFAT ?+

La cotisation AT-MP est à la charge exclusive de l'employeur, le salarié ne contribue pas. Le taux varie de 0,72 % à 6,48 % selon le secteur d'activité et son niveau de risque, appliqué sur un plafond mensuel de 390 900 F.CFP (au 1er janvier 2026). Les cotisations se versent à la CAFAT dans le mois qui suit la fin de chaque trimestre civil.

L'accident de trajet est-il couvert comme un accident du travail en Nouvelle-Calédonie ?+

Oui. L'accident survenu sur le trajet aller-retour entre le domicile principal et le lieu de travail (ou entre le lieu de repas habituel et le travail) est pris en charge au même titre qu'un accident du travail : soins à 100 %, indemnités journalières et rente éventuelle. En 2022, la CAFAT a recensé 192 accidents de trajet. Le coût moyen d'un accident de trajet est plus élevé que celui d'un accident sur le lieu de travail.

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