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Obligations employeur· 6 min de lecture

Le registre du personnel en Nouvelle-Calédonie

Registre du personnel en Nouvelle-Calédonie : obligations, mentions, article Lp. 422-2, DPAE CAFAT et sanctions. Le guide clair pour les employeurs calédoniens.

Une responsable RH consulte des dossiers du personnel dans un classeur sur son bureau, en Nouvelle-Calédonie
Photo : Mikhail Nilov / Pexels

Tenir un registre du personnel en Nouvelle-Calédonie n’est pas une formalité optionnelle : c’est une obligation légale qui s’impose à tout employeur dès le premier salarié embauché. Beaucoup de dirigeants calédoniens découvrent son existence le jour d’un contrôle de l’inspection du travail, alors qu’il s’agit d’un des documents les plus simples à mettre en place. En Nouvelle-Calédonie, le cadre n’est pas celui de la métropole : on ne parle ni d’URSSAF ni de SMIC, mais de CAFAT et de SMG, et le texte de référence est le Code du travail calédonien, pas le Code du travail français.

Voici ce que dit vraiment la loi locale, ce que vous devez y inscrire, et comment éviter les erreurs qui coûtent cher.

Ce que dit le Code du travail calédonien

L’obligation est posée noir sur blanc par l’article Lp. 422-2 du Code du travail de Nouvelle-Calédonie. Il prévoit que l’employeur tient « un registre unique du personnel sur lequel figurent, dans l’ordre des embauches » les informations relatives à chacun de ses salariés.

Le mot « unique » a son importance. Un seul document, classé par ordre d’arrivée, pour l’ensemble du personnel. Pas un registre par service, pas un fichier différent selon le type de contrat. Tous les salariés « employés dans l’établissement à quelque titre que ce soit » y figurent : CDI, CDD, contrats courts, apprentis. Le format papier reste parfaitement valable, mais rien n’interdit une tenue numérique tant que le document peut être présenté à l’inspecteur du travail.

Ce registre est consultable par les fonctionnaires et agents chargés du contrôle de la législation du travail. C’est souvent la première pièce demandée lors d’une visite. Un registre tenu proprement envoie un signal clair : l’entreprise est en règle.

Les mentions obligatoires, salarié par salarié

L’article Lp. 422-2 dresse une liste précise. Pour chaque personne, et dans l’ordre des embauches, vous devez faire apparaître :

  • les nom et prénoms ;
  • la nationalité ;
  • la date de naissance et le sexe ;
  • l’emploi et la qualification ;
  • les dates d’entrée et de sortie de l’établissement.

S’ajoute une mention spécifique quand le salarié est étranger : les caractéristiques de son autorisation de travail. Ce point est loin d’être anecdotique en Nouvelle-Calédonie, où l’emploi local est encadré et où l’employeur doit vérifier qu’un salarié de nationalité étrangère dispose bien d’un titre l’autorisant à travailler à la date d’embauche.

La date de sortie se renseigne au moment du départ du salarié, jamais avant. Le registre suit donc la vie de l’entreprise en temps réel : une embauche, une ligne ; un départ, on complète. Le Code calédonien ne fixe pas de durée de conservation chiffrée pour ce registre, à la différence du droit métropolitain. Dans le doute, la prudence commande de le garder durablement, comme l’ensemble des pièces sociales susceptibles d’être réclamées en cas de litige prud’homal ou de contrôle.

Registre du personnel, DPAE, déclaration CAFAT : ne pas confondre

C’est l’erreur la plus fréquente. Le registre du personnel est un document interne. La déclaration auprès de la CAFAT en est une autre, externe, et les deux ne se remplacent pas.

Avant toute embauche, l’employeur doit réaliser une Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) en ligne auprès de la CAFAT. Le guide employeur de la CAFAT est explicite : les salariés « doivent être déclarés en ligne avant leur prise de fonction », et les informations sont fournies « obligatoirement avant l’embauche sous peine de pénalité ». Cette déclaration nominative précède l’embauche, comme le rappelle l’article Lp. 421-3 du Code du travail.

Ensuite, tout au long de la vie du contrat, l’employeur déclare les salaires via la Déclaration Nominative Trimestrielle des Salaires (DNTS), qui sert de base au calcul des cotisations. Trois temps, trois obligations bien distinctes :

Obligation Nature Quand Auprès de qui
Registre unique du personnel Document interne Mis à jour à chaque embauche/départ Tenu dans l’entreprise (contrôle inspection du travail)
DPAE Déclaration en ligne Avant la prise de fonction CAFAT
DNTS Déclaration des salaires Chaque trimestre CAFAT

Tenir le registre ne vous dispense pas de la DPAE. Faire la DPAE ne vous dispense pas du registre. Et la partie cotisations relève d’une logique encore différente, sur laquelle votre expert-comptable ou votre prestataire paie vous accompagne.

Les autres registres que l’employeur calédonien doit connaître

Le registre unique du personnel ne vit pas seul. Le Code du travail de Nouvelle-Calédonie impose d’autres registres selon la situation de l’entreprise.

L’article Lp. 422-2 prévoit, en plus du registre du personnel, un registre des observations et mises en demeure formulées par l’inspecteur du travail en matière de santé et de sécurité. Dès qu’une entreprise atteint les seuils de mise en place des délégués du personnel, un registre spécial des délégués du personnel devient obligatoire : l’article Lp. 341-56 prévoit que les délégués y consignent leurs demandes écrites, l’employeur y inscrivant sa réponse dans un délai n’excédant pas six jours. Ce registre est tenu à la disposition des salariés un jour ouvrable par quinzaine, ainsi qu’à celle de l’inspecteur du travail.

Ces obligations s’articulent avec le reste du socle réglementaire de l’entreprise. Pour un panorama complet, voyez nos articles sur les affichages obligatoires en entreprise NC, sur la médecine du travail en Nouvelle-Calédonie et sur les représentants du personnel en Nouvelle-Calédonie, qui déclenchent justement la tenue du registre spécial évoqué ci-dessus.

Ce que vous risquez en cas de manquement

La sanction frappe surtout le défaut de déclaration. L’article Lp. 421-4 prévoit qu’en cas de non-respect de la déclaration préalable à l’embauche, l’employeur encourt une pénalité « au plus égale à trois cents fois le taux horaire du salaire minimum garanti ». Cette pénalité est recouvrée par la CAFAT.

Concrètement, avec un SMG fixé à 991,73 F CFP de l’heure depuis le 1er juin 2025 (167 602 F mensuels pour 169 heures, selon la Direction du Travail et de l’Emploi), le plafond atteint 297 519 F CFP par infraction constatée. De quoi réfléchir avant de faire travailler quelqu’un « le temps de voir ».

Le cas le plus grave dépasse la simple pénalité. Ne pas remettre de bulletin de paie à un salarié et ne pas l’inscrire sur un registre d’embauche caractérise du travail dissimulé par dissimulation d’emploi salarié, au sens de l’article Lp. 461-4 du Code du travail. On bascule alors du registre administratif vers le pénal, avec les conséquences que cela suppose pour le dirigeant.

Le registre du personnel, dans ce contexte, n’est pas qu’une case à cocher : c’est aussi une preuve. Il atteste que vos salariés sont déclarés, identifiés, et que l’entreprise joue le jeu de la transparence sociale.

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Tenir un registre à jour, ne jamais rater une DPAE avant une prise de fonction, déposer les DNTS chaque trimestre, suivre les évolutions du SMG et des taux de cotisations CAFAT : tout cela prend du temps, et la moindre erreur peut coûter cher. C’est précisément le métier d’Altheo.

Prestataire social calédonien basé à Nouméa et partenaire du cabinet comptable AXEO, Altheo externalise pour vous la paie et la gestion RH : tenue du registre unique du personnel, déclarations préalables à l’embauche, DNTS, déclarations CAFAT, CRE et DNS. Vous gardez la maîtrise de votre activité, nous sécurisons votre conformité.

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Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (CAFAT, Direction du Travail et de l’Emploi).

Questions fréquentes

Le registre unique du personnel est-il obligatoire pour toutes les entreprises en Nouvelle-Calédonie ?+

Oui. L'article Lp. 422-2 du Code du travail de Nouvelle-Calédonie impose à tout employeur de tenir un registre unique du personnel, dès le premier salarié et quelle que soit la taille de l'entreprise. Le seul cas qui sort du dispositif est le particulier employeur passant par le Chèque Emploi Service (CES) de la CAFAT, qui gère les déclarations différemment. Pour une entreprise classique, association comprise, le registre est exigible dès l'embauche.

Quelles mentions doit contenir le registre du personnel en Nouvelle-Calédonie ?+

Pour chaque salarié, et dans l'ordre des embauches : nom, prénoms, nationalité, date de naissance, sexe, emploi et qualification, dates d'entrée et de sortie de l'établissement. Si le salarié est étranger, il faut ajouter les caractéristiques de son autorisation de travail. Ces mentions sont fixées par l'article Lp. 422-2 1° du Code du travail. Tout salarié présent à quelque titre que ce soit doit y figurer, y compris en CDD ou en contrat court.

Quelle est la différence entre le registre du personnel et la DPAE auprès de la CAFAT ?+

Ce sont deux obligations distinctes. La Déclaration Préalable à l'Embauche (DPAE) se fait en ligne auprès de la CAFAT avant la prise de fonction du salarié : c'est une démarche externe. Le registre du personnel, lui, est un document interne que l'employeur tient et conserve dans l'entreprise, à disposition de l'inspection du travail. Faire la DPAE ne dispense pas de tenir le registre, et inversement.

Quelles sanctions en cas d'absence de registre ou de défaut de déclaration en NC ?+

L'absence de déclaration préalable à l'embauche est sanctionnée par une pénalité pouvant atteindre 300 fois le taux horaire du SMG, recouvrée par la CAFAT (article Lp. 421-4). Au 1er juin 2025, cela représente jusqu'à 297 519 F CFP. Plus grave : ne pas inscrire un salarié sur un registre d'embauche et ne pas lui remettre de bulletin de paie caractérise du travail dissimulé (Lp. 461-4), qui relève du pénal. Vérifiez toujours les montants à jour auprès des organismes.

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