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Prestations CAFAT & prévoyance· 8 min de lecture

La pension de réversion CAFAT en Nouvelle-Calédonie

Pension de réversion CAFAT en Nouvelle-Calédonie : conditions d'âge, 60 % de la retraite, allocation veuvage, orphelins, délais et démarches. Le guide employeur clair.

Mains d'un couple de personnes âgées posées l'une sur l'autre, symbole du soutien après le décès d'un conjoint en Nouvelle-Calédonie
Photo : T Leish / Pexels

Quand un salarié ou un retraité décède, son conjoint ne perd pas seulement un proche : il perd aussi, du jour au lendemain, une partie des revenus du foyer. C’est précisément ce que la pension de réversion CAFAT en Nouvelle-Calédonie est censée amortir. En reversant une fraction de la retraite du défunt au conjoint survivant, le régime calédonien évite que le veuvage ne se double d’un décrochage financier. Mais le dispositif a ses propres règles, qui ne sont pas celles de la métropole, et un dirigeant calédonien a tout intérêt à les connaître, ne serait-ce que pour orienter un salarié endeuillé vers les bons réflexes.

On fait le point sur les conditions, les taux, les délais et les démarches, avec les chiffres officiels à jour.

Réversion CAFAT : de quoi parle-t-on exactement ?

La réversion, c’est le reversement d’une partie de la retraite d’un assuré décédé à son conjoint. En Nouvelle-Calédonie, c’est la CAFAT qui gère ce volet du régime vieillesse, là où la métropole connaît la Cnav et les Carsat. Le principe est simple : le survivant touche un pourcentage de ce que percevait (ou aurait perçu) le défunt.

Il faut bien distinguer trois prestations différentes, souvent confondues :

  • La pension de réversion : pour le conjoint survivant âgé d’au moins 50 ans.
  • L’allocation de veuvage : pour le conjoint plus jeune, à titre temporaire.
  • La pension d’orphelin : pour les enfants à charge du défunt.

Ces droits s’ajoutent à la logique générale de la retraite CAFAT en Nouvelle-Calédonie, dont la réversion n’est finalement qu’un prolongement après le décès.

Les conditions de la pension de réversion CAFAT en Nouvelle-Calédonie

Pour ouvrir droit à réversion, deux séries de conditions doivent être réunies : celles qui tiennent à l’assuré décédé, et celles qui tiennent au survivant.

Côté défunt, il faut que l’assuré soit décédé après 50 ans, ou qu’il ait cotisé au moins 15 ans au régime Retraite de la CAFAT. Côté survivant, la condition centrale est l’âge : il faut avoir au moins 50 ans pour percevoir la pension de réversion proprement dite.

Le cercle des bénéficiaires est plus large qu’on ne le croit. Peuvent prétendre à la réversion :

  • le conjoint marié,
  • le partenaire de PACS,
  • le concubin, à condition que le concubinage ait été déclaré à la CAFAT avant le décès, au moyen d’une déclaration sur l’honneur cosignée par les deux partenaires.

Dans tous les cas, le régime exige une durée d’union d’au moins 2 ans avant le décès, sauf si un enfant est né de cette union. Cette règle des deux ans vise à écarter les unions de pure convenance.

Deux situations coupent net le droit à réversion. D’abord le divorce : il supprime de façon définitive tout droit sur l’ex-conjoint, sans rattrapage possible. Ensuite le remariage ou un nouveau concubinage du survivant : le droit s’éteint, sauf si un enfant est issu de cette nouvelle union. Mieux vaut donc avoir ces points en tête avant de prendre une décision de vie qui peut, accessoirement, faire perdre une pension.

Combien touche le conjoint survivant ?

C’est la question qui revient toujours. La réponse est claire : la pension de réversion est égale à 60 % de la pension dont bénéficiait le défunt, ou de celle qu’il aurait dû percevoir s’il n’était pas encore parti à la retraite.

Concrètement, si le conjoint décédé touchait 150 000 F.CFP de retraite CAFAT par mois, la réversion s’établit autour de 90 000 F.CFP. Le calcul repose sur la pension du défunt, pas sur les ressources du survivant : il n’y a pas, dans le régime CAFAT, de condition de ressources pour ouvrir le droit à la réversion elle-même, contrairement à certains dispositifs métropolitains.

Prestation Bénéficiaire Taux Durée
Pension de réversion Conjoint / PACS / concubin déclaré, ≥ 50 ans 60 % de la pension du défunt Viagère
Allocation de veuvage Conjoint / PACS, < 50 ans 60 % de la pension du défunt 3 ans maximum
Pension d’orphelin Enfant à charge, < 18 ans (ou 21 ans si études) 20 % par orphelin Jusqu’à la limite d’âge

Un garde-fou important : le total des pensions de survivants ne peut jamais dépasser le montant de la pension qu’aurait touchée l’assuré décédé. Si plusieurs ayants droit se partagent l’enveloppe et que la somme dépasse ce plafond, chaque part est réduite proportionnellement.

L’allocation de veuvage : la solution pour les conjoints de moins de 50 ans

Que se passe-t-il si le conjoint survivant n’a pas encore 50 ans ? Il ne reste pas les mains vides, mais il bascule dans un autre dispositif : l’allocation de veuvage.

Le montant est calculé de la même façon que la réversion, soit 60 % de la pension du défunt. La différence est dans la durée. L’allocation est versée pendant 3 ans maximum après le décès. Elle s’arrête plus tôt en cas de remariage, de nouveau PACS, ou lorsque le bénéficiaire atteint 50 ans : à ce moment-là, la pension de réversion prend le relais de manière viagère.

Attention à un point qui surprend souvent : l’allocation de veuvage est réservée aux conjoints mariés ou pacsés. Les concubins, eux, en sont exclus, alors même qu’ils peuvent prétendre à la réversion une fois passé le cap des 50 ans. C’est une différence de traitement à connaître, notamment pour les couples calédoniens en union libre.

Le décès laisse parfois des enfants mineurs. Dans ce cas, chaque orphelin à charge perçoit 20 % de la pension du défunt, jusqu’à ses 18 ans (ou 21 ans s’il poursuit des études). Bonne nouvelle pour ces enfants : la pension d’orphelin est exonérée de Contribution calédonienne de solidarité.

Quels délais et quelles démarches pour la demande ?

Le calendrier compte autant que les conditions. Pour percevoir la pension dès le 1er jour du mois suivant le décès, la demande doit être déposée dans les 12 mois. Au-delà, le point de départ est reporté au mois qui suit la réception du dossier : autrement dit, chaque mois de retard est un mois de pension perdu. En cas de disparition de l’assuré (et non de décès constaté), le délai est porté à 2 ans.

Côté formalités, la demande s’effectue auprès de la CAFAT à l’aide du formulaire dédié « Demande de pension de réversion ou d’allocation veuvage », accompagné des justificatifs classiques : acte de décès, livret de famille ou justificatif d’union, relevé d’identité bancaire, et la déclaration sur l’honneur de concubinage si le couple n’était ni marié ni pacsé. Le détail à jour figure sur la page officielle cafat.nc/pension-de-reversion.

Ce n’est pas le seul droit qui se déclenche autour d’un décès ou d’un arrêt d’activité. Le régime calédonien couvre aussi l’invalidité CAFAT en Nouvelle-Calédonie et, plus en amont, les indemnités journalières CAFAT en NC : un dirigeant gagne à connaître l’ensemble de ces prestations pour informer correctement ses équipes.

Fiscalité et minimum de ressources : les points à ne pas négliger

Une pension de réversion n’arrive pas nette de tout. En Nouvelle-Calédonie, elle est imposable au titre de l’impôt sur le revenu calédonien, au même titre qu’une retraite, avec l’abattement de 10 % applicable aux pensions. S’y ajoute la CCS de 1 %, prélevée directement par la CAFAT sur la prestation. Le survivant reste donc tenu à ses obligations déclaratives, et la CAFAT lui adresse chaque année le montant à reporter sur sa déclaration.

Pour les situations les plus modestes, un filet existe : le Complément retraite de solidarité (CRS). Au 1er janvier 2025, il vise à porter les ressources du retraité à environ 99 337 F.CFP par mois, sous conditions de ressources (1 650 270 F.CFP par an pour une personne seule, 3 300 540 F.CFP pour un ménage au 1er juillet 2025) et de résidence en Nouvelle-Calédonie. La réversion entre dans le calcul de ces ressources.

Ces questions de fiscalité et d’optimisation du foyer ne sont pas toujours intuitives. Pour un accompagnement comptable et fiscal sur mesure, le cabinet AXEO est notre partenaire de référence en Nouvelle-Calédonie.

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La réversion concerne le salarié et sa famille, mais en amont, c’est l’employeur qui alimente les droits : déclarations CAFAT correctes, cotisations vieillesse à jour, DNS sans erreur. Une carrière mal déclarée, ce sont des droits amputés au moment où la famille en a le plus besoin.

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Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (CAFAT, DSF, service-public.nc).

Questions fréquentes

Quel est le taux de la pension de réversion CAFAT en Nouvelle-Calédonie ?+

La pension de réversion correspond à 60 % de la pension de retraite dont bénéficiait le défunt, ou de celle qu'il aurait perçue s'il n'était pas encore retraité au moment du décès. Le conjoint survivant doit avoir au moins 50 ans pour la percevoir. Avant 50 ans, c'est l'allocation de veuvage (même calcul à 60 %, mais limitée à 3 ans) qui prend le relais. Source : cafat.nc.

Un concubin peut-il toucher la réversion CAFAT, et le divorce change-t-il quelque chose ?+

Oui, le concubin peut prétendre à la pension de réversion, à condition que le concubinage ait été déclaré à la CAFAT avant le décès, par une déclaration sur l'honneur cosignée par les deux partenaires, et qu'il y ait eu au moins 2 ans de vie commune (sauf enfant à charge). Attention : l'allocation de veuvage, elle, est réservée aux conjoints mariés ou pacsés. Le divorce, lui, supprime définitivement tout droit à réversion sur l'ex-époux.

Dans quel délai faut-il déposer la demande de réversion auprès de la CAFAT ?+

Pour percevoir la pension dès le 1er jour du mois suivant le décès, la demande doit être déposée dans les 12 mois. Passé ce délai, le point de départ est repoussé au mois suivant la réception du dossier : des mensualités sont perdues. En cas de disparition de l'assuré (et non de décès constaté), le délai est porté à 2 ans. Mieux vaut donc lancer la démarche rapidement.

La pension de réversion est-elle imposable en Nouvelle-Calédonie ?+

Oui. Comme une retraite, la pension de réversion entre dans le revenu imposable au titre de l'impôt sur le revenu calédonien (avec l'abattement de 10 % plafonné). La Contribution calédonienne de solidarité (CCS) de 1 % est par ailleurs prélevée directement par la CAFAT. À noter : la pension d'orphelin, elle, est exonérée de CCS. Pour l'optimisation fiscale du foyer, un expert-comptable comme AXEO peut conseiller.

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