Convention collective du commerce en Nouvelle-Calédonie
Convention collective commerce Nouvelle-Calédonie : classification, grille de salaires, SMG, durée du travail et CAFAT. Le guide clair pour les employeurs du commerce.

Si vous dirigez une boutique, un magasin ou une enseigne à Nouméa, à Koné ou ailleurs sur le territoire, la convention collective commerce Nouvelle-Calédonie encadre une grande partie de votre relation avec vos salariés : classification des postes, salaires planchers, primes, durée du travail. C’est un texte proprement calédonien, et c’est là que beaucoup d’employeurs se trompent. En Nouvelle-Calédonie, on ne raisonne pas avec les conventions métropolitaines, ni avec le SMIC, ni avec l’URSSAF. On a nos propres règles, notre propre salaire minimum, notre propre caisse sociale. Voici ce qu’un dirigeant du commerce doit savoir pour rester en règle.
Quelle convention s’applique vraiment au commerce calédonien
La plupart des entreprises commerciales du territoire relèvent de la convention dite « Commerce et divers ». Ce n’est pas un détail : ce texte a été négocié localement entre partenaires sociaux, puis rendu obligatoire par un arrêté d’extension du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Une fois étendu, il s’impose à toutes les entreprises de son champ d’application, qu’elles aient signé ou non.
Le piège classique, c’est de chercher sa convention sur des sites métropolitains et de tomber sur « Commerces de gros » ou « Commerce de détail non alimentaire ». Ces conventions françaises n’ont aucune valeur ici. Le droit du travail calédonien est autonome depuis le transfert de compétence : c’est le Code du travail de Nouvelle-Calédonie qui régit la matière, pas le Code du travail français.
Quelques points de vigilance avant de vous caler sur « Commerce et divers » :
- Votre activité principale détermine la convention applicable, pas votre statut juridique.
- Certains secteurs ont leur propre texte (automobile, pharmacie, bâtiment) qui prime sur le régime général du commerce.
- En cas d’activités mixtes, c’est l’activité dominante en chiffre d’affaires ou en effectif qui tranche.
Le texte à jour, avec ses avenants successifs, est consultable sur le site de la Direction du Travail et de l’Emploi. C’est la source officielle, et la seule qui fasse foi. Pour comprendre la logique générale des conventions sur le territoire, notre article sur la convention collective en Nouvelle-Calédonie pose les bases du système.
Lire la grille : indices, niveaux et valeur du point
La convention Commerce et divers fonctionne avec un système d’indices, comme la plupart des conventions calédoniennes. Le principe est simple une fois qu’on l’a compris.
Chaque salarié est positionné à un niveau et à un échelon. Ce classement se fait à partir de quatre critères : l’autonomie du poste, le niveau de responsabilité, le type d’activité exercée et les connaissances professionnelles requises. Une caissière débutante, un chef de rayon et un responsable de magasin ne se trouvent évidemment pas au même endroit dans la grille.
À chaque position correspond un indice hiérarchique. Pour obtenir le salaire minimum du poste, vous multipliez cet indice par la valeur du point en vigueur dans la convention. Indice × valeur du point = salaire minimum conventionnel mensuel. C’est ce montant qui constitue le plancher pour ce poste précis.
| Élément | Ce que ça représente | Où le trouver |
|---|---|---|
| Niveau / échelon | Position du salarié selon 4 critères | Grille de classification de la convention |
| Indice hiérarchique | Nombre attaché à chaque position | Avenant en vigueur sur dtenc.gouv.nc |
| Valeur du point | Montant en F.CFP par point | Avenant salaires le plus récent |
| Salaire minimum conventionnel | Indice × valeur du point | Calcul à effectuer pour chaque poste |
Je ne vais pas vous donner ici une valeur du point ou des indices chiffrés, et c’est volontaire. Ces montants sont révisés par avenants, parfois plusieurs fois dans l’année, et publier un chiffre périmé serait pire que de ne rien dire. La grille à jour est sur le site de la DTENC. Pour une vue d’ensemble des rémunérations pratiquées par secteur, notre dossier sur la grille de salaire en Nouvelle-Calédonie donne des repères concrets.
Le SMG, ce plancher que la grille ne peut pas franchir
Au-dessus de la grille conventionnelle, il y a un plafond bas que rien ne peut percer : le salaire minimum garanti (SMG). C’est l’équivalent calédonien du SMIC, mais avec ses propres montants et son propre mécanisme.
Depuis le 1er juin 2025, le SMG est fixé à 991,73 F brut de l’heure, soit 167 602 F brut par mois pour la durée légale (arrêté n° 2025-837/GNC du 21 mai 2025). Le SMAG, qui concerne l’agriculture, s’établit lui à 842,97 F de l’heure. Ces montants sont révisés dès que l’indice des prix à la consommation progresse suffisamment, ce qui explique les ajustements réguliers.
Concrètement, pour chaque salarié du commerce, vous faites deux vérifications :
- vous calculez le minimum conventionnel de son poste (indice × valeur du point) ;
- vous vous assurez que la rémunération versée n’est jamais inférieure au SMG en vigueur.
Pour les postes qualifiés, le minimum conventionnel dépasse généralement le SMG. Pour les premiers échelons, les deux montants peuvent être très proches, et c’est là qu’il faut surveiller le moindre relèvement du SMG. Les montants officiels et leur historique sont publiés par le service du salaire minimum garanti de la DTENC. Le mécanisme est le même pour d’autres secteurs : on le retrouve par exemple dans la convention collective des industries en NC.
Durée du travail, heures sup et travail du dimanche
Autre spécificité qui surprend les nouveaux arrivants : la durée légale du travail est de 39 heures par semaine en Nouvelle-Calédonie, pas 35. Le commerce, avec ses amplitudes d’ouverture, est particulièrement concerné.
Au-delà de 39 heures, les majorations s’appliquent :
- de la 40e à la 47e heure : majoration de 25 % ;
- à partir de la 48e heure : majoration de 50 %.
La convention Commerce et divers peut aussi prévoir un repos compensateur de remplacement plutôt qu’un paiement majoré, ou des dispositifs de modulation sur l’année. Le travail du dimanche et des jours fériés, fréquent dans le commerce de détail, obéit à des règles précises du Code du travail calédonien et de la convention : autorisations, contreparties, volontariat. Avant de bâtir un planning qui sort de l’ordinaire, faites valider le décompte. Une erreur sur les heures supplémentaires, répétée chaque mois sur plusieurs salariés, devient vite un rappel de salaire conséquent en cas de contrôle ou de litige.
Cotisations CAFAT : ce qui pèse sur la fiche de paie
Une fois le salaire brut établi, restent les cotisations sociales. En Nouvelle-Calédonie, c’est la CAFAT qui collecte, pas l’URSSAF, et les taux n’ont rien à voir avec ceux de métropole.
Voici les principaux taux salariés en vigueur au 1er janvier 2026, parts patronale et salariale confondues :
| Cotisation | Part patronale | Part salariale | Total |
|---|---|---|---|
| RUAMM maladie (tranche 1) | 11,67 % | 2,85 % | 14,52 % |
| Retraite CAFAT | 9,80 % | 4,20 % | 14,00 % |
| Prestations familiales | 5,63 % | — | 5,63 % |
| Chômage | 1,72 % | 0,34 % | 2,06 % |
| Accidents du travail | 0,72 % à 6,48 % | — | variable |
Les tranches et plafonds évoluent, et le taux accidents du travail dépend de votre activité. Pour le détail à jour, la référence reste le barème des cotisations CAFAT. Côté fiscalité et obligations comptables, l’articulation entre paie, déclarations et bilan mérite un vrai accompagnement : c’est tout l’intérêt de travailler main dans la main avec un expert-comptable comme AXEO, qui connaît le terrain calédonien.
Ce qu’il faut retenir : la fiche de paie calédonienne du commerce combine un salaire brut conforme à la grille et au SMG, des cotisations CAFAT spécifiques, et un suivi des avenants conventionnels. Trois sources d’erreur, trois sources de redressement potentiel.
Externaliser votre paie commerce avec Altheo
Suivre les avenants de la convention Commerce et divers, recaler les salaires à chaque relèvement du SMG, calculer les heures du dimanche, déclarer les bons taux CAFAT, CRE et DNS : pour un commerçant qui doit d’abord faire tourner son magasin, ça représente un temps considérable et un risque réel.
C’est exactement le métier d’Altheo. Prestataire social calédonien basé à Nouméa et dirigé par Christine Barbier, nous externalisons la paie et la gestion RH des entreprises du territoire. Concrètement, nous prenons en charge :
- l’établissement des bulletins de paie conformes à la convention Commerce et divers et au SMG en vigueur ;
- les déclarations sociales CAFAT, CRE et DNS, dans les délais ;
- le suivi des classifications, des avenants et des évolutions de grille ;
- l’accompagnement sur les questions de durée du travail, congés et soldes de tout compte.
En partenariat avec le cabinet comptable AXEO, vous bénéficiez d’une chaîne cohérente, de la fiche de paie au bilan. Vous gardez la maîtrise, nous portons la technique et la responsabilité du calcul.
Vous voulez déléguer votre paie en toute sérénité ? Découvrez nos services d’externalisation, ou contactez-nous directement pour demander un devis adapté à votre effectif et à votre activité commerciale.
Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (DTENC, CAFAT, ISEE).
Questions fréquentes
Quelle convention collective s'applique au commerce en Nouvelle-Calédonie ?+
La majorité des entreprises commerciales du territoire relèvent de la convention collective dite « Commerce et divers », étendue par arrêté du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. C'est un texte calédonien, distinct des conventions métropolitaines comme « Commerces de gros » ou « Commerce de détail non alimentaire » qui ne s'appliquent pas ici. Si votre activité est mixte ou spécifique (automobile, pharmacie, etc.), vérifiez le champ d'application exact auprès de la Direction du Travail et de l'Emploi (dtenc.gouv.nc), car une autre convention peut primer.
Comment calculer le salaire minimum d'un poste avec la grille Commerce et divers ?+
La grille fonctionne par indices. Vous classez le salarié à un niveau et un échelon selon quatre critères (autonomie, responsabilité, type d'activité, connaissances requises), ce qui donne un indice hiérarchique. Vous multipliez cet indice par la valeur du point en vigueur pour obtenir le salaire minimum conventionnel mensuel. Ce montant ne peut jamais descendre sous le SMG. La valeur du point et les indices à jour figurent dans les avenants publiés sur dtenc.gouv.nc ; ne vous fiez pas à une ancienne grille, elle est révisée régulièrement.
Le SMG calédonien remplace-t-il la grille conventionnelle ?+
Non, les deux coexistent et c'est toujours le plus favorable au salarié qui prime. Le SMG (991,73 F brut de l'heure, soit 167 602 F par mois au 1er juin 2025) est un plancher absolu : aucun salaire ne peut lui être inférieur. La grille conventionnelle fixe des minima par poste qui sont souvent supérieurs au SMG pour les niveaux qualifiés. Concrètement, vous calculez le minimum conventionnel du poste, puis vous vérifiez qu'il est au moins égal au SMG. Les deux montants évoluent indépendamment, d'où l'intérêt d'un suivi régulier.
Quelle est la durée légale du travail dans le commerce en Nouvelle-Calédonie ?+
La durée légale est de 39 heures par semaine en Nouvelle-Calédonie, et non 35 heures comme en métropole. Les heures effectuées de la 40e à la 47e sont majorées de 25 %, et à partir de la 48e de 50 %. La convention Commerce et divers peut prévoir des aménagements (modulation, repos compensateur de remplacement). Le travail du dimanche et des jours fériés dans le commerce obéit à des règles particulières prévues par le Code du travail calédonien et la convention. En cas de doute sur un planning, mieux vaut faire valider le décompte.
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