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Rupture du contrat· 7 min de lecture

Fin de CDD en Nouvelle-Calédonie : que faire ?

Fin de CDD en Nouvelle-Calédonie : indemnité de 5%, documents à remettre, déclaration CAFAT, rupture anticipée. Le guide pratique pour les employeurs calédoniens.

Un employeur et un salarié finalisent les documents de fin de contrat sur un bureau en Nouvelle-Calédonie
Photo : Kindel Media / Pexels

La fin de CDD en Nouvelle-Calédonie obéit à des règles bien à elle, fixées par le Code du travail calédonien et non par le code métropolitain. Un dirigeant qui applique les réflexes appris en France hexagonale se trompe une fois sur deux : ici, l’indemnité de précarité n’est pas de 10 %, l’organisme social s’appelle la CAFAT, et les délais de déclaration ont leurs propres exigences. Quand un contrat à durée déterminée arrive à son terme sur le territoire, l’employeur a une poignée d’obligations à boucler dans le bon ordre, sous peine de requalification ou de contentieux prud’homal.

Voici, concrètement, ce qu’il faut faire.

Le CDD cesse de plein droit : ce que ça change pour vous

À la date prévue, le contrat s’arrête tout seul. Pas de lettre de licenciement, pas de préavis classique, pas d’entretien. C’est l’article Lp. 123-17 du Code du travail de Nouvelle-Calédonie qui le dit : le CDD prend fin à l’échéance du terme, automatiquement.

Le piège est juste après. Si le salarié continue à venir travailler le lendemain du terme, même un jour, même de bonne foi, le contrat bascule en CDI. La relation devient à durée indéterminée et vous ne pouvez plus vous en séparer sans une vraie procédure de licenciement. Concrètement : le dernier jour du CDD, soit la personne part, soit vous signez un nouveau contrat écrit avant qu’elle ne reprenne son poste.

Rappel sur les durées, parce qu’une erreur en amont se paie en fin de parcours :

  • Durée maximale générale : 1 an, renouvellements compris.
  • Exception à 3 ans : pour certains cas de recours (remplacement, tâche occasionnelle, attente d’un agent titulaire), avec autorisation de l’inspection du travail dans les situations prévues.
  • Renouvellement : possible seulement pour les CDD à terme précis, et à condition qu’un avenant signé avant le terme en fixe les modalités.

Un CDD mal motivé au départ, ou dont le motif réel ne correspond pas à ce qui est écrit, peut être requalifié en CDI par le tribunal du travail. La rigueur à la signature évite bien des soucis à la sortie.

L’indemnité de fin de contrat : 5 %, pas un de plus

C’est la grande spécificité calédonienne. L’article Lp. 123-14 du Code du travail de Nouvelle-Calédonie fixe l’indemnité de fin de contrat à 5 % du total des rémunérations brutes perçues par le salarié pendant tout le CDD. En métropole, le même taux est de 10 %. Ne recopiez pas un calcul français, vous paieriez le double.

Quelques points de méthode :

  • L’assiette, c’est le brut total sur toute la durée du contrat, renouvellements inclus. Pas le dernier mois, pas le net.
  • Une convention ou un accord collectif applicable à votre secteur peut prévoir un taux supérieur à 5 %. Vérifiez votre branche.
  • L’indemnité s’ajoute au solde de tout compte et figure sur le dernier bulletin de paie.

Cette indemnité n’est pas systématique. Le Code prévoit plusieurs cas où elle n’est pas due :

L’indemnité de 5 % EST due L’indemnité de 5 % n’est PAS due
Fin normale du CDD à son terme Le salarié refuse un CDI sur le même poste
Rupture à l’initiative de l’employeur (motif réel et sérieux) Le salarié démissionne / rompt avant le terme
Faute grave du salarié, ou force majeure
Emplois saisonniers et emplois d’usage
Contrat de formation professionnelle
Jeune embauché pendant ses vacances scolaires
Mesures en faveur de l’emploi de publics ciblés

Si vous proposez un CDI au salarié à la suite de son CDD et qu’il décline, vous êtes dispensé de l’indemnité. Encore faut-il pouvoir le prouver : faites-le par écrit.

Rupture anticipée : quatre portes de sortie, pas une de plus

Un CDD, par nature, va jusqu’à son terme. Le rompre avant n’est possible que dans des cas limités, et c’est là que beaucoup d’employeurs calédoniens se brûlent.

Les seuls motifs admis :

  • pendant la période d’essai ;
  • la faute grave du salarié ;
  • la force majeure ;
  • l’accord des deux parties, formalisé par écrit.

Le Code du travail de NC reconnaît aussi une porte au bénéfice du salarié : il peut quitter son CDD s’il justifie d’une embauche en CDI ailleurs.

En dehors de ces cas, si vous rompez le CDD de votre propre initiative, la facture est salée. Vous devez au salarié une indemnisation au moins égale aux rémunérations qu’il aurait perçues jusqu’au terme prévu, à laquelle s’ajoute l’indemnité de fin de contrat. Autrement dit, casser un CDD de six mois au bout de deux mois revient à payer les quatre mois restants. La rupture conventionnelle telle qu’on la connaît pour le CDI n’existe pas ici comme dispositif équivalent : on reste sur l’accord des parties de l’article Lp. 123-15.

Si la rupture intervient en période d’essai, les règles changent. La période d’essai d’un CDD calédonien est encadrée : courte pour les contrats de six mois ou moins, plafonnée à un mois au-delà. Sur la logique et les écueils de cette rupture précoce, voir notre guide Rompre la période d’essai en Nouvelle-Calédonie.

Les trois documents à remettre le jour du départ

Quel que soit le motif de fin, vous devez remettre au salarié, à la date de son départ, un trio de documents. C’est non négociable et c’est ce qui lui permet de faire valoir ses droits, notamment au chômage.

  1. Le certificat de travail. Il atteste des dates d’entrée et de sortie et de l’emploi occupé. Le salarié en a besoin pour son dossier CAFAT et pour tout futur employeur. On détaille son contenu exact et les mentions à ne pas oublier dans Certificat de travail en Nouvelle-Calédonie.
  2. Le reçu pour solde de tout compte, accompagné du dernier bulletin de paie. Il récapitule toutes les sommes versées à la sortie : salaire du mois, indemnité compensatrice de congés payés non pris, et bien sûr les 5 % d’indemnité de fin de contrat quand elle est due. Un solde mal calculé est la première source de litige. Le mode d’emploi complet est ici : Le solde de tout compte en Nouvelle-Calédonie.
  3. L’attestation destinée à l’assurance chômage, qui permettra au salarié de déposer sa demande d’allocation auprès de la CAFAT.

Ces documents sont quérables : ils sont tenus à disposition du salarié, et il est prudent de garder une preuve de remise ou d’envoi.

La déclaration à la CAFAT et la suite côté chômage

L’étape qu’on oublie le plus souvent. La fin d’un CDD est aussi un événement social qui doit être déclaré à la CAFAT. En tant qu’employeur immatriculé, vous déclarez la rupture du contrat de travail depuis votre espace professionnel sur services.cafat.nc, ou par échange de données informatisé (EDI) si vous gérez beaucoup de mouvements de personnel.

Cette déclaration conditionne la situation sociale du salarié : c’est elle qui acte la sortie des effectifs et ouvre, le cas échéant, ses droits. Côté salarié, l’allocation chômage total de la CAFAT est soumise à des conditions d’affiliation et de durée de travail, et à une inscription dans les délais. Comme ces paramètres évoluent, renvoyez systématiquement vers le guide de l’assurance chômage de la CAFAT plutôt que de citer un montant de mémoire.

Tout ce qui touche à la paie de sortie a aussi un volet comptable et fiscal propre à la Nouvelle-Calédonie. Pour le traitement comptable des indemnités et leur incidence sur vos charges, un expert-comptable local comme AXEO sécurise l’opération.

Récapitulatif : la checklist de fin de CDD

Pour ne rien laisser passer le dernier jour :

  • Vérifier que le terme est bien atteint et qu’aucun travail ne se poursuit au-delà sans nouveau contrat.
  • Calculer l’indemnité de fin de contrat à 5 % du brut total (sauf cas d’exclusion).
  • Établir le solde de tout compte et le dernier bulletin de paie.
  • Remettre certificat de travail, solde de tout compte et attestation chômage.
  • Déclarer la rupture à la CAFAT via l’espace pro.
  • Archiver les preuves de remise des documents.

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Une fin de CDD mal bouclée, c’est un risque prud’homal et une déclaration CAFAT en retard. Chez Altheo, prestataire social calédonien partenaire du cabinet comptable AXEO, nous gérons pour vous la paie de sortie de A à Z : calcul de l’indemnité de fin de contrat au bon taux, solde de tout compte, certificat de travail, et déclarations CAFAT, CRE et DNS dans les délais. Vous restez concentré sur votre activité, nous nous occupons de la conformité.

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Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (DTE-NC, CAFAT, service-public.nc) ou auprès d’un professionnel.

Questions fréquentes

Quelle est l'indemnité de fin de CDD en Nouvelle-Calédonie ?+

L'indemnité de fin de contrat est de 5 % du total des rémunérations brutes versées au salarié pendant toute la durée du CDD, renouvellements compris (article Lp. 123-14 du Code du travail de Nouvelle-Calédonie). Une convention collective peut prévoir un taux supérieur. Elle se calcule sur le brut, et non sur le net.

Dans quels cas l'indemnité de précarité n'est-elle pas due en CDD calédonien ?+

Elle n'est pas due si le salarié refuse un CDI sur le même poste, s'il démissionne avant le terme, en cas de faute grave ou de force majeure, ou pour les emplois saisonniers, d'usage, de formation professionnelle, les contrats de jeunes en vacances scolaires et les mesures pour l'emploi. Dans tous les autres cas, à l'arrivée du terme normal, les 5 % sont dus.

Peut-on rompre un CDD avant son terme en Nouvelle-Calédonie ?+

Oui, mais seulement dans quatre situations : pendant la période d'essai, en cas de faute grave du salarié, de force majeure, ou d'accord écrit des deux parties. Le Code du travail de NC reconnaît aussi la rupture quand le salarié justifie d'une embauche en CDI ailleurs. Hors de ces cas, l'employeur qui rompt doit verser les salaires restant dus jusqu'au terme, plus l'indemnité de fin de contrat.

Quels documents remettre au salarié à la fin d'un CDD en NC ?+

Trois documents à la date de départ : le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte avec le dernier bulletin de paie, et l'attestation destinée à l'assurance chômage CAFAT. L'employeur doit aussi déclarer la rupture du contrat à la CAFAT depuis son espace professionnel sur services.cafat.nc.

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