Embaucher un salarié en Nouvelle-Calédonie : les formalités
Embaucher un salarié en Nouvelle-Calédonie : DPAE, immatriculation CAFAT, contrat, SMG, cotisations, visite médicale. Le guide complet des formalités pour le dirigeant calédonien.

Embaucher un salarié en Nouvelle-Calédonie ne s’improvise pas : entre l’immatriculation employeur, la DPAE, le contrat et l’affiliation aux caisses, plusieurs démarches s’enchaînent avant même le premier jour de travail. Et attention : en Nouvelle-Calédonie, le droit social est local. On parle de SMG et pas de SMIC, de CAFAT et pas d’URSSAF. Appliquer les règles métropolitaines, c’est s’exposer à des erreurs de paie et à des redressements. Voici, étape par étape, ce qu’un dirigeant calédonien doit faire pour recruter dans les règles.
S’immatriculer comme employeur avant la première embauche
Si vous n’avez jamais eu de salarié, votre toute première obligation est de devenir employeur aux yeux de l’administration. Concrètement, cela veut dire vous immatriculer auprès de la CAFAT en tant qu’employeur et créer votre compte cotisant. C’est ce numéro qui servira ensuite à déclarer vos salariés et à payer vos cotisations.
Cette étape se double généralement de l’ouverture d’un espace en ligne sur le site de la CAFAT, depuis lequel vous gérerez l’essentiel de vos démarches : déclarations d’embauche, déclarations nominatives de salaires (DNS), paiement des cotisations. Si vous travaillez avec un cabinet comptable comme AXEO, une bonne partie de cette mécanique administrative peut être prise en main pour vous dès la création de l’entreprise.
Une fois l’immatriculation faite, vous entrez dans le circuit classique de tout employeur calédonien. Et la première brique de ce circuit, c’est la déclaration préalable.
Faire la DPAE : 48 heures avant, sans exception
La Déclaration Préalable à l’Embauche est le passage obligé. Elle doit être adressée à la CAFAT 48 heures avant la prise de fonction du salarié. Pas après, pas le jour même : avant. Une embauche réalisée sans DPAE est assimilée à du travail dissimulé, avec les sanctions qui vont avec.
La DPAE se fait en ligne, depuis votre espace Professionnels sur cafat.nc. Elle vaut pour tous les employeurs, quel que soit le secteur d’activité. Seuls deux dispositifs en dispensent : le TESA (titre emploi simplifié agricole) et le CES (chèque emploi service), qui ont leurs propres formulaires.
Cette déclaration ne remplace pas le contrat de travail, et inversement. Ce sont deux obligations distinctes qu’il faut traiter séparément. Pour le détail de la procédure, du contenu du formulaire et des cas particuliers, on a consacré un article complet à la DPAE en Nouvelle-Calédonie.
Rédiger le contrat de travail
Le contrat formalise la relation. En Nouvelle-Calédonie, le CDI reste la forme de droit commun, le CDD restant l’exception encadrée par le Code du travail local. Quelques points méritent l’attention du dirigeant :
- La forme écrite est vivement recommandée même pour un CDI, et indispensable pour un CDD ou un temps partiel.
- La convention collective applicable à votre secteur fixe souvent des minima salariaux supérieurs au SMG, une classification, parfois une prime d’ancienneté. Il faut la vérifier avant de fixer la rémunération.
- La période d’essai, sa durée et ses conditions de renouvellement obéissent au droit calédonien et à la convention, pas au Code du travail métropolitain.
Le contrat précise aussi la durée du travail. La durée légale de référence en Nouvelle-Calédonie correspond à 169 heures mensuelles, base sur laquelle est d’ailleurs calculé le SMG mensuel. Pour bâtir un contrat solide et éviter les clauses qui se retournent contre l’employeur, voyez notre guide sur le contrat de travail en Nouvelle-Calédonie.
Connaître le SMG et fixer la rémunération
Le salaire ne peut pas descendre sous le salaire minimum garanti. C’est le plancher légal calédonien, l’équivalent local du SMIC, mais avec ses propres montants et son propre mécanisme d’indexation.
Depuis le 1er juin 2025, les montants en vigueur sont les suivants :
| Indicateur | Taux horaire brut | Mensuel brut (169 h) |
|---|---|---|
| SMG (salaire minimum garanti) | 991,73 F CFP | 167 602 F CFP |
| SMAG (secteur agricole) | 842,97 F CFP | 142 462 F CFP |
Le SMG est indexé sur l’indice officiel du coût de la vie. Dès que cet indice progresse d’au moins 0,5 % par rapport à la dernière fixation, le SMG est relevé dans la même proportion. Autrement dit, ces montants bougent : avant chaque embauche ou révision de salaire, vérifiez le taux à jour sur le site de la Direction du Travail et de l’Emploi. Et gardez en tête que votre convention collective peut imposer un minimum plus élevé que le SMG.
Comprendre les cotisations CAFAT à la charge de l’employeur
C’est le poste qui surprend le plus les nouveaux employeurs. À côté du salaire brut, l’entreprise paie des cotisations patronales, et prélève des cotisations salariales sur la fiche de paie. Tout transite par la CAFAT, sauf la retraite complémentaire (CRE-IRCAFEX) et la CCS qui ont leurs circuits.
Voici les principaux taux applicables, d’après le récapitulatif du CLEISS mis à jour au 1er janvier 2026 :
| Risque | Part employeur | Part salarié | Plafond mensuel (F CFP) |
|---|---|---|---|
| RUAMM maladie – tranche 1 | 11,67 % | 2,85 % | jusqu’à 548 600 |
| RUAMM maladie – tranche 2 | 3,75 % | 1,25 % | au-delà de 548 600 |
| Retraite | 9,80 % | 4,20 % | jusqu’à 548 600 |
| Prestations familiales | 5,63 % | — | jusqu’à 390 900 |
| Chômage | 1,72 % | 0,34 % | jusqu’à 390 900 |
| Accidents du travail | 0,72 % à 6,48 % | — | jusqu’à 390 900 |
| Fonds social de l’habitat | 2 % | — | jusqu’à 329 700 |
À cela s’ajoute la Contribution Calédonienne de Solidarité (CCS), à 3 % du salaire brut depuis le 1er avril 2025, prélevée dès le premier franc et sans plafond. Et la retraite complémentaire CRE-IRCAFEX, obligatoire pour tout salarié du privé, dont les taux suivent le barème géré localement par Malakoff Humanis.
Le taux d’accident du travail, lui, n’est pas uniforme : il dépend du risque de votre activité et vous est notifié par la CAFAT. C’est ce qui explique la fourchette large. Au total, la charge sociale globale dépasse fréquemment 45 % du salaire brut une fois additionnées les parts patronale et salariale. Mieux vaut l’intégrer dès le chiffrage d’un poste. Pour le détail du calcul et du calendrier déclaratif, voyez notre article dédié à la déclaration CAFAT en Nouvelle-Calédonie.
Affilier le salarié et organiser la visite médicale
Une fois la DPAE faite et le contrat signé, il reste à brancher le salarié sur les organismes :
- Affiliation CAFAT du salarié, qui découle de la DPAE et conditionne sa couverture santé.
- Retraite complémentaire : le salarié doit être déclaré auprès de la CRE (non-cadres) ou de l’IRCAFEX (cadres).
- Visite médicale d’embauche auprès du service de santé au travail compétent, le plus souvent le SMIT (Service Médical Interentreprises du Travail). Elle doit avoir lieu avant la prise de poste ou, au plus tard, avant la fin de la période d’essai. Son coût est à la charge de l’employeur.
N’oubliez pas non plus le dépôt de l’offre d’emploi en amont du recrutement : déposer son offre auprès d’un service de placement ou en ligne est une obligation. Enfin, dès le premier salarié, vous devez tenir un registre du personnel et respecter les obligations d’affichage dans l’entreprise.
Externalisez votre paie et vos déclarations avec Altheo
Entre la DPAE à 48 heures, les taux CAFAT qui changent, la CCS, la retraite complémentaire et les conventions collectives, gérer la paie d’un salarié en Nouvelle-Calédonie demande du temps et de la rigueur. Une erreur de taux ou un oubli de déclaration peut coûter cher.
C’est exactement le métier d’Altheo. Prestataire social calédonien, partenaire du cabinet comptable AXEO et dirigé par Christine Barbier à Nouméa, Altheo prend en charge l’externalisation complète de votre paie et de vos déclarations sociales : bulletins de salaire, DPAE, déclarations CAFAT, CRE-IRCAFEX, DNS, suivi des évolutions de taux. Vous embauchez sereinement, on s’occupe de l’administratif.
Vous préparez une première embauche ou vous voulez fiabiliser une paie existante ? Découvrez nos services et demandez un devis. On vous répond rapidement, en parlant le langage des entreprises d’ici.
Cet article est informatif ; les taux et modalités évoluent, vérifiez l’information à jour auprès des organismes calédoniens (CAFAT, DTE, Direction des Services Fiscaux).
Questions fréquentes
Combien de temps avant l'embauche faut-il faire la DPAE en Nouvelle-Calédonie ?+
La Déclaration Préalable à l'Embauche (DPAE) doit être transmise à la CAFAT 48 heures avant la prise de fonction du salarié. Elle se fait en ligne depuis votre espace Professionnels sur cafat.nc. Seuls les employeurs au TESA (titre emploi simplifié agricole) et au CES (chèque emploi service) en sont dispensés. Sans DPAE, l'embauche est considérée comme du travail dissimulé.
Quel est le salaire minimum à verser à un salarié en Nouvelle-Calédonie ?+
Le minimum légal est le SMG (salaire minimum garanti), et non le SMIC métropolitain. Depuis le 1er juin 2025, le SMG s'élève à 991,73 F CFP brut de l'heure, soit 167 602 F CFP par mois pour 169 heures. Le secteur agricole relève du SMAG, à 842,97 F CFP de l'heure. Ces montants sont indexés sur l'indice du coût de la vie et révisés à chaque hausse d'au moins 0,5 %.
Quelles cotisations sociales paie-t-on à la CAFAT pour un salarié ?+
En Nouvelle-Calédonie, les cotisations sont versées à la CAFAT (pas à l'URSSAF). Elles couvrent le RUAMM (maladie), la retraite, les prestations familiales, le chômage et les accidents du travail, avec une part employeur et une part salariale. S'y ajoutent la retraite complémentaire CRE-IRCAFEX, le Fonds social de l'habitat et la CCS (3 % du salaire brut). La charge totale dépasse souvent 45 % du brut, employeur et salarié confondus.
La visite médicale d'embauche est-elle obligatoire en Nouvelle-Calédonie ?+
Oui. L'employeur doit faire passer une visite médicale d'embauche à son salarié auprès du service de santé au travail compétent (le SMIT pour la plupart des entreprises). Elle doit avoir lieu avant la prise de poste ou, au plus tard, avant la fin de la période d'essai. C'est une obligation de l'employeur au titre de son devoir de sécurité, et son coût lui revient.
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